Étais-je la seule qui ne savait pas qu’il y avait une
distinction entre aides techniques (AT) et technologies de l’information et
de la communication (TIC)?
À la suite de la conférence donnée par Mme Chalghoumi,
j’ai pris le temps de lire son article dans La
Revue canadienne de l’apprentissage et de la technologie. J’ai alors pu
comprendre que le malaise à définir ces deux termes était présent dans la
littérature actuelle. La grande question est de savoir si les AT sont des
« sous-ensembles des TIC en éducation » (Chalghoumi, 2012) ou si
l’inverse est plus véridique. Selon mon analyse personnelle, je crois que la
principale conséquence de cette confusion est au niveau du financement. En
effet, il est important de s’assurer que le financement pour ces aides soit
accordé aux élèves pour répondre à leurs besoins. Or, vu la confusion, ces deux
types d’aide se chevauchent et empêchent donc que le financement offert soit
investi dans les aides les plus adéquates, même si celles-ci sont nouvelles.
À la suite de cette lecture, je suis désormais en mesure de
mieux séparer ces deux types d’aide. En effet, les AT sont perçues comme des
aides nécessaires, voire indispensables pour les élèves avec des difficultés
et/ou avec des incapacités. Or, ces mêmes outils peuvent être considérés comme
des TIC si leur utilisation est faite par tous les élèves (Chalghoumi, 2012). Outre
le fait de trouver une définition pour départager ces deux termes, je trouve
qu’il est plus important d’axer notre réflexion sur les « résultats de
l’intervention avec la technologie » (Chalghoumi, 2012) que sur le type de technologie choisi.
N’est-ce pas ce qui importe le plus, soit que l’élève en difficulté puisse
bénéficier des mêmes chances de réussite que tous les autres élèves? Pourquoi
alors se borner à définir des termes qui sont, malgré certaines différences
techniques, mis sur pied pour répondre aux mêmes problèmes?
Également, cette confusion amène des conséquences au niveau de
la formation et, éventuellement, sur la pratique des enseignants. En effet, on
note que les enseignants ont des lacunes à la fois au niveau technique et au
niveau pédagogique (Chalghoumi, 2012). J’ai désiré pousser ma réflexion à ce
sujet et j’ai trouvé, sur le site de l’Organisation des Nations Unies pour
l’éducation, la science et la culture (http://unesdoc.unesco.org/images/0012/001295/129538f.pdf), un tableau intéressant. En effet, ce dernier décrit et
justifie les « neuf unités d’alphabétisation aux TIC dans un programme de
formation des enseignants » (ONU, 2004). Voici un petit résumé des points
qui sont, à mon avis, les plus importants :
·
Selon l’ONU, les
enseignants se doivent de connaitre divers outils technologiques autre qu’à de
simples fins personnelles.
·
Les enseignants doivent
non seulement utiliser les TIC lors de leur planification, mais ils doivent
également être en mesure d’aider les élèves à les utiliser dans leurs propres
travaux. Cela revient donc à dire que l’enseignant se doit de connaitre ces outils,
puisqu’il est détenteur de la bonne marche à suivre pour leur utilisation.
·
Selon l’ONU, la formation
au niveau de l’utilisation d’une base de données est essentielle, notamment
puisque l’administration de l’école utilise ce type de système.
·
Il est mentionné qu’une
formation continue au niveau de la création et de la planification de documents
est indispensable pour répondre aux divers styles d’apprentissage des élèves.
Étant de futurs enseignants en adaptation scolaire, nous devrons être créatifs
et présenter la matière de différentes façons.
·
Les enseignants doivent
être des modèles en ce qui a trait aux TIC, mais ce lourd fardeau passe
forcément par une bonne connaissance de ces derniers. De plus, ils doivent
éduquer leurs élèves aux limites et aux dangers potentiels des outils
technologiques.
·
« Il est de la
responsabilité des professeurs de connaitre les changements provoqués par la
diffusion des TIC dans leur métier, dans leur discipline ainsi que dans les
grands domaines professionnels où exerceront les élèves » (ONU, 2004).
Ces postulats de l’ONU ainsi que les préoccupations relevées
dans le texte de Mme Chalghoumi me ramènent à une inquiétude qui revient
souvent dans nos billets indiquant que nous ne nous sentons pas assez outillés,
à titre de futurs enseignants en adaptation scolaire, en ce qui a trait aux
TIC. Comment pouvons-nous changer cette réalité? Est-ce seulement du ressort
des futurs enseignants de s’informer et de se former eux-mêmes?
En terminant, je vous amène à vous pencher sur la question de
notre formation quant aux AT et aux TIC. Pour véritablement être en mesure de
porter un jugement critique, je vous propose des sites qui présentent divers
outils technologiques.
Source complète du texte de Mme Chalghoumi :
Chalghoumi, H. (2012). Repenser la définition
des aides techniques en éducation. Canadian
Journal of Learning and Technology (CJLT) / La Revue canadienne de l’apprentissage
et de la technologie (RCAT), 38 (3),
1-16. Repéré à https://studium.umontreal.ca/pluginfile.php/1155444/mod_resource/content/1/Chalghoumi%2C%20H.%20-%20Repenser%20la%20d%C3%A9finition%20des%20aides%20techniques%20en%20%C3%A9ducation.pdf
Source
de l’image : http://rlv.zcache.fr/grenouille_verte_regard_confus_adhesifs-rf5620d1df7f04b119e93170ba35f25c5_v9wf3_8byvr_324.jpg
Bonjour Jade,
RépondreSupprimerJe dois avouer que je n’ai pas lu entièrement le texte de Mme Chalghoumi. Après l’avoir survolé, j’ai conclu que je ne comprenais pas la différence entre les aides techniques (AT) et les technologies de l’information et de la communication (TIC) ni la pertinence d’effectuer cette distinction. J’aurai dû approfondir ma lecture puisqu’après t’avoir lu je comprends maintenant l’importance de la question! Tu as très bien expliqué et vulgarisé les propos de Mme Chalghoumi. Merci d’avoir publié ce billet!
Tout comme toi, je pense que le financement est la raison principale de cette confusion et en même temps la raison pour laquelle il est primordial de différencier AT et TIC. Que le peu d’argent reçu ne soit pas investi aux bons endroits à cause d’une confusion est inexcusable. Ce sont les élèves en difficulté qui paient au bout du compte.
Comme tu le dis si bien, l’important c’est d’offrir de l’aide aux élèves en difficultés afin de leur permettre d’avoir la même chance que tous les autres élèves. Le critère «si c’est utilisé aussi par les autres élèves ce n’est pas une AT» est en effet très subjectif. Ce qui est vrai dans une classe peut ne pas l’être dans une autre. En basant le financement sur ces termes, il est évident que cela cause une confusion. Pour contrer le tout, je crois que l’on doit clarifier les critères pour bien distinguer les deux termes ou bien considérer tous les TIC comme des AT et offrir un financement en conséquence.
En attendant, je crois que l’on doit offrir plus de cours concernant les AT et les TIC dans la formation des enseignants. Le tableau offert par l’ONU que tu présentes dans ton billet pourrait peut-être servir de référence aux personnes qui élaborent les programmes de formation en enseignement…